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La fin de la sondocratie?

Marine Lepen, la chef de l’extrême droite française, en tête dans deux sondages! (Libération, 8 mars 2011) Branle-bas de combat en France! Mais contre qui? Contre les hommes et les femmes qui par leurs petites manigances ont favorisé la montée du Front National? Pas vraiment : la faute est plutôt due à la… « sondocratie », expression du député français Jean-Louis Bianco!

Remise en cause des sondages

Si on se trompe de coupable, il faut cependant reconnaître aujourd’hui que la place des sondages occupe une place démesurée dans la vie publique. Ils sont partout, il y en a sur tout… et leurs résultats « scientifiques » ne peuvent être remis en cause et doivent donc être acceptés tels quels. Il aura fallu que pour la première fois l’extrême droite arrive en tête (et ne fasse plus le bonheur des partis traditionnels) pour qu’une réflexion sur leur véritable valeur scientifique fasse l’objet d’un début de débat. Encore une fois, ceux qui s’interrogeaient auparavant n’étaient que de simples empêcheurs de tourner en rond. Aujourd’hui, cela devient « trendy » comme on dit, de les remettre en cause maintenant qu’ils ne font plus l’affaire…

L’importance de la méthodologie

Ici même, nous avons posé des questions sur la validité de ces études. Il serait bien sur faux de prétendre que seuls les sondages font face à des problèmes de rigueur scientifique. N’importe qu’elle étude ou recherche est confrontée à des problèmes de méthodologie. Et trop souvent celles-ci sont marquées par un manque de rigueur important qui remet en cause dès le départ tous les résultats obtenus. On oublie trop souvent l’importance de se conformer à des méthodes rigourseuses, seules à même de fournir aux chercheurs des résultats solides. Mais il est tellement tentant de publier à moindre frais des résultats frappants. Pour revenir aux sondages, on voit de plus en plus d’études fleurir avec des échantillons de… 500 personnes. Ces études sont-elles sérieuses? Il est permis d’en douter. Mais les médias en raffolent… et c’est ce qui explique que les sondages peuvent aujourd’hui dire n’importe quoi.

C’est qu’en outre, au delà de la taille de l’échantillon, de nombreux autres paramètres entrent en jeu afin d’assurer que le sondage est bien réalisé scientifiquement. Ce à quoi il faut rajouter l’orientation des questions, qui peut tout changer. Mais les instituts de sondage gardent jalousement leurs « secrets », si bien que l’on ne sait pas comment les résultats finaux de ces études sont obtenus. C’est donc avec stupéfaction que l’on apprend par exemple qu’un institut de sondage « redresse » de 10 points la cote de Jean-Marie Lepen au motif que les gens n’osent pas dire qu’ils voteront pour le leader de l’extrême droite! Avec de telles pratiques, on comprend que les sondeurs veuillent garder le plus grand secret. Mais que fait Wikileaks!

Sondages : vers une plus grande transparence?

C’est donc avec intérêt, même si l’on sait qu’il est dû à un choix partisan (l’annonce de la première place de Marine Lepen, qui ne fait le bonheur d’aucun des deux partis qui se partagent successivement le pouvoir), que l’on suit le projet « d’inscrire à l’ordre du jour la proposition de loi présentée par Jean-Pierre Sueur (PS) et Hugues Portelli (UMP) et votée à l’unanimité par le Sénat, qui imposerait une plus grande transparence dans la réalisation des sondages » (Libération). Il serait temps.

A l’image de Kadafi, c’est toute la sondocratie qui tremble!